Yoann Crétal, membre du Conseil Municipal des Jeunes de Bruay-la-Buissière (62), et Sabrina Khassasse, membre du Conseil des Jeunes de Mulhouse (68) (photo ci-contre) nous présentent la fin de la mission d’étude de l’Anacej au Québec.

Du 8 au 13 juillet, une délégation de l’Anacej est allée à la rencontre d’organismes et de structures québécois travaillant dans le secteur de la participation.

Yoann Crétal : « Suite à ces derniers jours à Québec j’en déduis que c’est vraiment le fun d’être un jeune au Québec.

Pourquoi ? Parce que la jeunesse fait partie de la priorité des enjeux politiques québécois et cela « sans penser aux prochaines élections mais à la prochaine génération » comme le souligne la ministre !

Je retiens trois mots clés lors de ce séjour et des rencontres des institutions  jeunesse :

–        Soutenir par le fait de former  la jeunesse à la démocratie et à la participation citoyenne notamment grâce au CME, entre autre, que nous avons rencontré jeudi permettant à des élèves élus en 6ème et 5ème dans leurs établissements scolaires de porter la parole des jeunes, d’élaborer des projets tout en étant formé par le cadre technique et légal de ces enjeux politiques et citoyens ! Ils s’entrainent également dans le but de proposer ces projets de lois face aux élus mais également de participer à une action de formation citoyenne concernant un thème prédéfini par an.

–        Assurer les enjeux prédominants de la nouvelle génération en la responsabilisant de façon autonome par le biais d’une entière confiance accordée par l’état alors qu’en France ce serait davantage la méfiance qui ferait figure de mot clé…

–        Collaborer grâce à un rapprochement et une stratégie croisée entre la jeunesse et les institutions politiques permettant de traiter des problèmes réels et concrets mais également en redonnant un élan d’espoir et de confiance à la jeunesse pour leur avenir et vis-à-vis de l’Etat et ce de manière équitable en touchant toute la jeunesse dans sa diversité.

Un des projets les plus marquants et les plus complets à mon goût suivant ces trois mots clés seraient destination 2030.

En effet ce projet permet de laisser libre de parole et de projet la jeunesse par son site interactif

https://www.destination2030.gouv.qc.ca/

Ce site englobe les 6 thèmes suivant :

–        Emploi et entreprenariat

–        Santé

–        Education et culture

–        Citoyenneté et mondialisation

–        Environnement

–        Région

Il a pour but de consulter, d’évaluer et de recueillir l’avis des jeunes sur ce qui les préoccupe et sur les projets de demain ! Un site qui fonctionne très bien par le fait d’une vraie rétroactivité et par le fait de s’adapter aux nouvelles technologies de communication et fréquentés par les jeunes tels que Twitter et Facebook. Cela permet à l’Etat québécois de collecter les suggestions, les remarques, les idées de projet dans le but de les rassembler et de les exposer !

Moi qui pensais que l’enjeu de la jeunesse au Québec était davantage basé sur la mobilité, je peux faire le constat que j’ai beaucoup appris des institutions jeunesse au Québec et que l’Etat Français est très en retard et ne peut que prendre exemple sur ses homologues québécois…

La réalité est malheureusement autre car cela serait bien trop utopique car je ne sens absolument pas capable l’Etat Français de laisser la parole à la jeunesse ni à la consulter à 100% sur des projets et des préoccupations, qui pourtant, nous concernent aussi bien dans le présent que dans l’avenir!

Cependant j’émettrai une réserve concernant les conditions de vie des autochtones qui sont les cibles premières du racisme et de la discrimination …

Ainsi l’accès au logement, à l’emploi et à la formation riment souvent avec parcours du combattant, d’ailleurs leurs cartes d’identités sont différentes de leurs compatriotes ce qui témoigne d’un profond malaise et ce que je trouve choquant en 2010…

C’est pour cela qu’il est important d’investir et d’intégrer la jeunesse autochtone afin qu’elle ne se sente plus délaissée… »

« Apprendre et réaliser mais surtout sensibiliser »

Sabrina revient ici sur la rencontre avec la Table de concertation des forums jeunesses régionaux du Québec et le Conseil des jeunes autochtones en milieu urbain le 11 juillet, et plus particulièrement sur l’intervention de Mathieu Laine, agent de recherche au RCAAQ (Regroupement des centres d’amitiés autochtones du Québec) :
« Ma surprise fut grande quand j’ai entendu le discours de Mathieu, qui lui-même est un jeune autochtone, il nous parle de l’envers du décor, de ce qu’il y a sous l’eau, un discours poignant mais tout aussi vrai, on peut même s’y reconnaitre parfois.
J’ai été curieuse de savoir qui étaient les autochtones, où ils vivaient et pourquoi certaines personnes étaient contre leur intégration. Né d’une mère québécoise et d’un père autochtone, il n’a pas grandi comme la majorité d’entre eux, mais aujourd’hui, j’ai ressenti que son discours est celui d’un battant. Il se bat pour leurs valeurs ainsi que leurs droits comme tout autre être humain.

J’ai beaucoup appris, et quelque part çà m’a fait du bien de savoir qu’il y a encore des militants comme Mathieu Laine. »

Elle revient ensuite sur la rencontre le lendemain avec le Parlement National du Québec ainsi qu’avec le Secrétariat à la Jeunesse :

 » C’était LFUN ! La visite du Parlement était très enrichissante, nous avons eu la chance d’avoir un guide, Frederic Lemieux, qui y travaille depuis maintenant 13 ans et qui connait les lieux et son histoire mieux que quiconque. Nous avons pu à travers les murs du Parlement, apprendre les changements au fil du temps, les grands personnages qui ont été les éléments majeurs comme Monsieur Eugène-Etienne Taché, et sans oublier la devise qui est un trésor important « Je me souviens » et le vécu de ce merveilleux Parlement, qui est à visiter au moins une fois dans sa vie.
Et pour finir,  la rencontre avec le Secrétariat à la Jeunesse. J’ai appris des choses que je n’aurais pas imaginées, comme le fait que l’État Québécois accompagne le jeune à partir de 18 ans tout au long de sa vie, autant en l’aidant financièrement, en proposant des formations et un retour vers le milieu scolaire pour ceux qui décrochent. Mais aussi, en étant présent tous les jours pour la réussite et la poursuite dans leur vie active. Il leur offre la possibilité de prendre des initiatives, de partir à la découverte au niveau international, avec des stages, des bourses, des financements aussi venant d’organismes (par exemple LOJIQ ). Il y a à travers tout ce qui se fait un renforcement pour la génération de demain, la progression de jour en jour, de l’espoir.

Je le répète je veux devenir Québécoise ! »


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